|

Face
à l'impasse dans laquelle le projet de Talo est plongé depuis' 1998, les
autorités multiplient
Les
initiatives vers une sortie de crise devant permettre la poursuite des
travaux
d'aménagement du Moyen Bani en ce qui concerne, spécifiquement, la réalisation
du fameux barrage de Talo. Contre lequel barrage les populations de
Djenné s'opposent avec les arguments du bord qui sont relayés, sinon
appuyés, par des expertises nationales comme internationales.
Le forum de la discorde
L'élément phare de cette stratégie d'adhésion populaire aura été
l'organisation de la Table ronde du 15 février 2003 à Djenné.
Maquillée sous la thématique du "développement du cercle de
Djenné", la Table ronde visait en réalité à harmoniser les points
de vue en faveur du Projet moyen Bani, plus connu sous le vocable de
" Barrage" ou " Seuil" de Talo. En effet, d'une part,
les populations de Djenné signifiaient leur opposition à la réalisation
du barrage en question, pour des motifs exposés dans un document intitulé"
Les arguments de Djenné", et dont la teneur a été communiquée aux
autorités par une lettre le 28 octobre 1998. D'autre part, paradoxalement,
les autorités continuaient à travailler comme si de rien était,
c'est-à-dire les arguments étaient avancés, dans le sens de la réalisation
du barrage sans encombres pour les populations rive--
raines
du delta central, encore moins pour la faune et la flore du milieu.
Arguments pour et
contre dont certains éléments ont été développés, du reste, dans notre parution d'hier.
Mais la Table ronde de Djenné aura été un forum avorté après l'échec
qui en a résulté. En effet, les autorités (représentées audit
forum par trois ministres du gouvernement de la république) ont usé de
subterfuge pour diviser les populations. C'est ainsi que la Table ronde a
été insidieusement élargie aux autres populations riveraines de la région
Ouest du Bani, notamment les circonscriptions de San et de Bla qui se
trouvent en amont du barrage. En procédant de cette façon,
les populations de Djenné, qui vivent
en aval et dans le delta central, ont été du coup réduites en minorité pour leur imposer "démocratiquement"
la construction dudit barrage après un consensus général.
Pour ne pas cautionner ces agissements des autorités et ne pas être mises
devant le fait accompli, les
populations de Djenné ont vidé les lieux. Mais c'était sans compter
avec la détermination des autorités qui sont décidées à passer
outre la volonté populaire pour réaliser coûte que coûte ledit
barrage. Et advienne que pourra. Plus grave, les autorités ont joué
Djenné contre Djenné certains élus (députés, conseillers ou maires)
de la localité sont retournés sur leurs pas pour apporter la caution
"légitime"
audit forum. Chose curieuse, c'est que ces mêmes personnalités
politiques sont signataires de la lettre du 28 octobre 1998, ci-dessus référée,
pour affirmer leur opposition à la réalisation du barrage de Talo.
Comment expliquer ou justifier alors ce revirement de position plutôt
"spectaculaire" ? Et à quel prix?
L'arbitrage
de la BAD
Toujours
est-il que cette politique des autorités, qui a consisté à diviser
pour mieux régner, n'aura pas été payante à tous les coups. Car, elles
ont récidivé sans succès à l'occasion de la visite du vice-président
de Ia BAD à Djenné, le 21 novembre dernier. En effet, le tableau présenté
au vice-président ne laissait entrevoir aucun obstacle majeur à la réalisation
du projet, si ce n'est l'hostilité d'une "infime" partie de
la population de Djenné d'ailleurs assimilée à la seule personne du
président de l'association des ressortissants de Djenné qui résident
à Bamako, en la personne de vieux Bagouro
Noumanzana dont l'interview a paru dans notre N° d'hier.
Mais
la suite des événements a montré que ce n'était pas une question de
personne, parce que la principale exigence de Djenné a été acceptée
par la BAD, à savoir la réalisation (décembre 2003/janvier) des études
complémentaires pour évaluer les impacts hydrologiques jusqu'à Mopti.
Mieux, la BAD a instruit aux autorités le lancement immédiat des études
détaillées du plan de gestion environnementale et. sociale. En plus de
la mise en place d'un comité du sous basin du Bani dédié à la gestion
du seuil de Talo et au suivi des études du seuil de Djenné. Le tout
couronné par un comité de bons offices pour la réconciliation et le développement,
pour consolider les résultats . et les acquis de la mission conduite par
le vice-président de la BAD.
._.
Toutes
ces propositions et exigences de la BAD ont fait l'objet d'un Aide mémoire
que' nous vous proposons dans notre parution d'aujourd'hui. Aussi, plus
rien ne s'opposera plus à la réalisation du barrage de Talo dont les
travaux proprement sont prévus pour mars 2004 après la préparation des
dossiers d'appel d'offres. Le financement de la BAD étant estime à
hauteur de 23 milliards de FCFA pour l'ensemble des coûts combinés. Les
deux (2) parties, autorités comme populations, ayant eu satisfaction
chacune en ce qui la concerne.
C'est
tout ce que nous souhaitons pour notre part, pour que la sécurité et
l'autosuffisance alimentaires soient des réalités tangibles et
palpables au Mali. Et encore une fois, les Bamanan ont raison quand ils
affirment sans ambages: " Kun tise dila kuntigi kofè ". Pour
l'avoir ignoré superbement, les autorités avaient toujours buté contre
le mur plusieurs fois séculaire de Djenné...
Par
Sambi TOU RE .
Et
Seydina Oumar DIARRA-SOD
Back
to Top
|